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 Brise Nuit - Souvenirs d'enfance

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Kysae

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Date d'inscription : 24/07/2017
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MessageSujet: Brise Nuit - Souvenirs d'enfance   Ven 29 Sep - 12:29







Pour moi la nuit ne débutait pas par un lever de lune, de vent frais ou de pénombre. Je ne voyais ni le noir ni les étoiles et n'entendais pas les cris des oiseaux de chasse. D'aussi loin que je me souvienne la nuit, la vraie, elle s'annonçait par les pleurs de ma mère.

À mes yeux d'enfant c'est à cet instant seul que toute trace de clarté s'évanouissait.

Les relents d'alcool fort emplissaient notre chaumière et il y avait toujours un meuble brisé. Un meuble ou un os qu'importe, les craquements sonores ne manquaient jamais de me faire sursauter. Depuis ma chambre recroquevillée sous mon lit, je dresse mes deux petits oreilles pointues et je guette.

Guetter pour ne rien faire.

Guetter pour attendre.

Est-ce que je souffrirais moins si je me bouchais les oreilles ?

C'est la peur qui me force à écouter. La lâcheté qui m'empêche de bouger.

Comme si depuis le temps .. il ne connaissait pas par cœur ma cachette.


- ARRÊTE DE CHIALER SIAMARA ! ARRÊTE DE SUITE !

Entre deux hoquets elle finissait toujours pas capituler. Je l'imaginais avachie sur le sol contre un pied de la table, tremblante, se massant la jambe ou le bras. Je croisais les doigts pour qu'elle se relève, qu'elle le supplie de se calmer et de retourner se coucher mais hormis les pleurs il n'y avait jamais rien.

Mon père la nuit laissait sa rage évacuer. Je haïssais, la nuit. Elle me terrifiait.

Si le silence revenait c'est qu'elle s'était traînée jusqu'à la chambre pour avaler des herbes que le Temple Sadida lui fournissait. Parfois je crois qu'elle était plus courageuse que certaines nuits et dans ces moments, les hurlements pouvaient durer des heures mais .. le plus souvent, il ne fallait qu'une vingtaine de minutes pour qu'il ait le champs libre.

La porte de ma chambre s'ouvre en grand, je rentre ma tête dans mes épaules, roulée en boule comme un chachaton. Il ne prend même plus la peine de soulever ma couette et son bras épais et puissant s'engouffre directement sous mon lit jusqu'à ce que sa main velue ne m'agrippe par la peau du cou. Je me recule toujours le plus possible, jusqu'au mur. En vain.

- Nuit .. petite peste .. Brise Nuit viens là et bordel en voilà un beau nom de merde .. Siamara et ses idées à la con. Regarde où on en est .. ah t'es bien toi hein .. tu verras .. tu verras tôt ou tard ça nous retombera dessus Nuit .. petite pute.

« Ta faute. »

Son haleine me soulevait le cœur tandis qu'il me soulevait du sol.

« Ta faute. »

Une justification qui revenait souvent avant qu'il n'abatte son poing. Il faut croire que j'étais plus tenace que ma mère, je ne cessais de crier qu'au lever du soleil.


Plus tard il viendra me demander pardon en pleurant dans mes bras. Il me dira qu'il m'aime et qu'il regrette. Désolé, je suis désolé Nuit, petite Nuit, ma Brise Nuit.

Je lui pardonnais toujours. Je les aimais tous les deux. J'aimais aussi mes frères absents.


Aujourd'hui encore .. Je ne connais pas ma faute. Elle doit pourtant exister cette faute. Il devait forcément y avoir une raison..






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Kysae

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Messages : 46
Date d'inscription : 24/07/2017
Age : 16

MessageSujet: Re: Brise Nuit - Souvenirs d'enfance   Ven 29 Sep - 16:14







Mais je n'étais pas malheureuse pour autant. Convaincue que tout a sa cause, que les châtiments sont justifiés et les épreuves nécessaires.

Au village d'Amakna une petite écaflip au pelage sombre et aux longs cheveux blancs vivait au milieu de sa famille Sadida, et elle ne perdait pas le sourire. Je ne m'éloignais jamais de notre chaumière, ni téméraire ni aventurière pour un sou. Le confort et la chaleur de mon chez moi me suffisaient.

De toute façon, ils avaient dit non.

Elle, elle travaillait au Temple et s'éclipsait aux aurores. Quant à lui, gardien des Bois de Litneg, il n'était présent que rarement et c'est dans cette rareté que je rattrapais mes nuits de sommeil.

Je n'avais pas d'amis et je ne sais pas bien si c'était par choix de mon caractère solitaire, ou s'il y avait une autre raison à cela. Livrée à moi-même la plupart du temps, je remplissais mes journées en multipliant les activités qui me plaisaient.

J'écrivais. J'adore toujours écrire, je crois même avoir une certaine plume bien que personne ne me lise. J'invente des histoires qui parfois reflètent la vérité, parfois une vérité enviée, parfois une vérité triste, mais c'était toujours en partie une vérité. Des pages et des pages décorées de fleurs séchées et de sortes de runes tirées de mon imagination et dont mon écriture arrondie d'enfant noircissaient le peu d'espace qu'il restait.

Pour mes dix ans, j'ai pris une aiguille et de l'encre et j'ai demandé à Aztre de me tatouer le dos et les hanches de ces motifs. Aztre, ce n'était pas un ami c'était plus intime, plus doux et plus bouleversant encore qu'un sourire arraché à mon père. L'encre était argentée, la couleur de mes yeux.

La danse. Le chant. La broderie.

La peinture. La course dans les herbes hautes avec Aztre. Grimper dans les arbres pour y faire la sieste.

Pas une seule fois je me suis plains de solitude, et pas une seule fois je n'ai demandé pourquoi moi, je n'allais ni à l'école de quoique ce soit, ni travailler aux champs, ni aider mes parents dans leurs activités quotidiennes. Une poupée sur le pas de la porte, bien habillée et bien nourrie.

- Que tu es sage ma chérie, je suis fière de toi.

Elle rayonnait toujours de bonheur quand elle rentrait et qu'elle me trouvait assise à l'attendre. On se raconte nos journées, on ne parlait que des journées. Parfois j'osais une question à mi-chemin sur une pente vertigineuse.

- Pourquoi vous m'appelez Brise Nuit ?

Après un petit rire crispé elle me racontait que bien que ce n'était pas mon prénom donné à ma naissance, celui-ci me convenait à merveille.

- Ah oui.. ?
- Quand tu étais toute petite, tu chassais la nuit.


Peu importe que mes longs cils noirs se mettent à battre et mon petit museau à remuer, je n'avais jamais plus d'explication que cela.

Pourtant, je trouvais mon prénom agréable.

Kysae.





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